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Jérôme BENBIHI

Hyper-stress au travail : 1 salarié sur 4 en état d’hyper-stress

hyperstress

Saviez-vous qu’il y a 40 ans on commençait à peine mentionner le mot "stress"? Mais aujourd’hui le stress fait partie de notre quotidien devenu une course permanente. Le stress existe depuis la nuit des temps, c’est un phénomène biologique, mais son accumulation permanente devient très inquiétante. Quand le niveau de stress dépasse les normes, on parle d'hyper-stress, cause de nombreux problèmes de santé, dont la dépression, le burn-out et l’AVC.

Rappelons qu’à l’origine, le stress correspond à un mécanisme de défense de notre organisme destiné à lutter contre les agressions et à affronter les situations nouvelles. Nos ancêtres Homo sapiens pour qui le danger était avant tout une menace vitale (animaux, ennemis, climat…) s’adaptaient à leur environnement et survivaient grâce à lui. En effet, pour eux, la phase d’alarme que nous appelons stress leur permettait de se préparer à la fuite ou au combat afin d’éviter un danger ou une menace.

Les temps ont changé… Au 21e siècle nous ne sommes plus menacés par des mammouths mais par l’accumulation des mails non lus et des dossiers, des listes avec des tâches « à faire », la course à la performance, les nouvelles technologies, les réunions qui s'enchainent, les collègues agaçants, la peur d'échouer... Pourtant, notre organisme, lui, n’a pas modifié sa façon de réagir, c’est à dire, si nous sommes attaqué par un dinosaure ou recevons un mail stressant, l’organisme subit le stress de la même manière.

Dans le cadre de son expertise en santé psychologique au travail, le cabinet d’experts STIMULUS vient de publier les résultats de son Observatoire du Stress au Travail (OST). Les résultats fournis s’appuient sur l’analyse d’une population de plus de 30 000 salariés en France évalués entre mi-janvier 2013 et mi-juin 2017, et travaillant dans de nombreuses entreprises de secteurs d’activité variés.

Trois niveaux de stress sont distingués dans cette étude : peu de stress, stress moyen et hyper-stress (un niveau de stress trop élevé et donc à risque pour la santé).

Globalement 51% des sondés déclarent subir très peu le stress, et 24 % des salariés français sont en état d’hyper-stress. Il touche tout le monde, tout sexe, génération et poste confondus (avec une légère prédominance chez les femmes et les plus de 40 ans). 

Au fait, la surcharge de travail et le stress quotidien provoquent des réactions physiologiques de "défense" : on produit du cortisol et de l'adrénaline pour réagir au stimuli et entreprendre une action. Quand on a un petite dose de stress, on se situe dans la "phase d'alarme". Le problème, c'est que plus on est sujet au stress, plus le corps s'y adapte et produit du cortisol. Le corps entre alors dans une "phase de résistance" et émet des premiers symptômes que l’on ignore souvent. Alors vient la troisième phase, celle de l'épuisement. Burn-out, dépression, diabète, maladies cardio-vasculaires, syndrome du cœur brisé et AVC font partie des nombreuses conséquences graves de l'hyper-stress.  

L’étude fait ressortir que le stress dépend fortement du secteur d’activité, et qu’il y a plusieurs facteurs de stress : l’organisation, les changements survenant au travail, l’autonomie dont on dispose, les ressources fournies, les exigences et contraintes, la reconnaissance, les relations avec ses collègues, l’équilibre entre vies professionnelle et personnelle, le soutien que l’on a et l’environnement au travail. « Devoir traiter des informations complexes et nombreuses » et « manquer de temps » concernent respectivement 72 % et 62 % des salariés et leur impact en termes de stress est très fort. 41 % des salariés trouvent que « les objectifs au travail sont difficiles à atteindre »  c’est un élément source d’un grand stress, explique l’étude. Les femmes (28 %) sont plus affectées que les hommes (20 %). Cadres ou pas, quel que soit le niveau de responsabilités, tout le monde est concerné. Le secteur le plus stressant est celui de la santé humaine et des actions sociales, 42 % des salariés y ressentent des tensions extrêmes. En deuxième position arrive le secteur des « arts, spectacles et activités récréatives » avec 31 % de personnes en état d’hyper-stress. Suivent après les secteurs « des services » (29 %) et « des activités financières et d’assurance » (28 %). A l’opposé, les domaines des « transports et entreposage », du « commerce », de « la production et distribution d’eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution » et de « l’industrie manufacturière » (avec respectivement 20 %, 21 %, 21 % et 21 % d’hyper-stress) connaissent, selon l’étude, moins de stress.

Comment détecter l'hyper-stress ?

Pour savoir si on est en état d'hyper-stress, il faut prêter attention aux signes envoyés par son corps : troubles du sommeil, mâchoires serrées, épaules tendues, maux de tête, troubles de l'appétit, troubles digestifs, douleurs musculaires, réactions cutanées, etc. Des symptômes émotionnelles et intellectuels peuvent aussi apparaître : émotivité, irritabilité, angoisses, crises de larmes, anxiété, troubles de concentration, oublis fréquents... L'hyper-stress peut aussi provoquer des changements comportementaux : manger à l'excès par exemple, ou bien multiplier les cigarettes et les cafés. On ne peut plus ignorer le stress ou simplement le tolérer en attendant que la situation devienne moins exigeante. Les pressions ne disparaîtront pas. Il faut maintenant apprendre à "gérer notre stress". N’oublions pas la base d’une vie saine : le sommeil régulier, l’alimentation équilibrée et la pratique d’une activité sportive ou s'inscrire à un cours de yoga.

Voici quelques idées qui pourraient nous aider quand les conséquences du stress nous gagnent au bureau :

1. Faire une séance express de yoga ou de méditation.

2. Relâcher nos muscles (des pieds à la tête, un à la fois. On contracte le plus possible chaque muscle avant de le relâcher.)

3. Faire une promenade.

4. Écouter de la musique.

5. Visualiser une scène qui nous fait du bien, nos prochaines vacances, par exemple.

Enfin, les grands responsables, les entreprises doivent mettre en place des outils pour améliorer les conditions de travail de leurs collaborateurs, par exemple : offrir des activités de détente dans les locaux, créer des espaces de sieste, mieux communiquer les changements, favoriser la bienveillance en entreprise, autoriser des horaires de travail flexibles, offrir des réductions aux salles de sport proches de vos locaux, adopter le management bienveillant…

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