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Jérôme BENBIHI

L’entreprise au défi des nouvelles générations

 

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En plus des baby-boomers, trois générations actives se côtoient aujourd'hui dans les entreprises : X, Y, Z. Que se cache-t-il derrière ces termes ? Comment faire cohabiter ces générations ?

La génération X (les Xennials), située juste après les baby-boomers, est née entre le milieu des années 1960 et la fin des années 1970, période de transition sociale : du déclin de l’impérialisme colonial à la chute du mur de Berlin. Cette génération a vécu un creux de vague au niveau professionnel, trouvant difficilement des emplois stables et bien rémunérés.

La génération Y, dite aussi celle des millenials, est née entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990. Elle est aussi appelée « digital natives » car elle a grandi dans un monde où l’ordinateur personnel, le jeu vidéo et l’Internet sont devenus de plus en plus importants et accessibles.  Puis, la génération des smartphones et des réseaux sociaux, c’est la génération Z, composée de personnes nées après 1995.

Aujourd’hui en France, les générations Y et Z représentent 41 % de la population totale, avec une croissance prévue du côté des Z, pour les années à venir.

Les jeunes appartenant à ces deux dernières générations sont nés et ont grandi dans un contexte très différent de leurs parents. La technologie, la présence au quotidien des outils TIC (technologies de l’information et de la communication) dans leur vie, leur manière de communiquer et la vision du monde qu’ils se sont forgée en grandissant, représentent des facteurs qui mettent ces générations à part, par rapport à leurs aînés. Alors qui sont ces individus nés entre 1980 à aujourd’hui ? Quels changements apportent-ils au monde du travail ? Comment ces générations intègrent-elles le monde de l’entreprise ?

Ce sujet était discuté lors d'une table ronde sur le thème « L’entreprise au défi des nouvelles générations x, y, z, millenials… » organisée par le rédacteur en chef de La Tribune Mikael Lozano, dans le cadre de l'événement dédié aux solutions de gestion Défis Expo 2018.

Comme le dit Alexandre Pachulski, spécialiste des ressources humaines, cofondateur de Talentsoft, "il y a une totale confusion et des contextes sociologiques, technologiques, économiques, numériques, très différents". Pour lui, l'âge est moins important que le contexte : "L'éducation que l'on reçoit est primordiale. La technologie fait qu'il est maintenant beaucoup plus facile de monter une startup, une connexion haut-débit suffit alors qu'il y a 30 ans il fallait investir dans des moyens industriels et avoir réalisé de hautes études. Le climat économique joue son rôle : les générations les plus jeunes constatent qu'avoir un bac + 5 ne suffit pas à avoir un emploi et sont peut-être plus enclines à créer le leur. Le rapport à l'entrepreneuriat, au pouvoir, à l'argent est différent et il est moins lié à l'âge qu'à l'environnement. Je vois des gens de 50 ou 60 ans qui ont une mentalité de millenial. Joël de Rosnay, c'est un gamin !"

Afin de mieux comprendre les perceptions et les attentes des jeunes Y par rapport à l’école et à leur futur emploi, Daniel A. Casoinic, enseignant-chercheur en GRH, The Basel School of Business, MBway Strasbourg a mené une étude exploratoire de terrain sur un échantillon de 32 étudiants français en deuxième cycle d’études, avec une moyenne d’âge de 23 ans. 

A la question sur la collaboration en entreprise avec des collègues plus âgés, tous les enquêtés ont répondu que cet aspect ne leur pose aucun problème. Du côté de la rémunération financière, pour 63 % des répondants, celle-ci est très importante pour leur futur emploi. Ils ont également signalé en proportion de 97 % que dans leur futur emploi, leur objectif sera de bien s’entendre avec tous leurs futurs collaborateurs et d’avancer dans la carrière. Enfin, à la question si l’usage des outils TIC est une compétence incontournable pour leur futur emploi, tous les participants ont répondu de façon affirmative. 

En ce qui concerne les résultats de terrain à l’égard des jeunes issus de la génération Z, une enquête menée par BNP Paribas et The Boson Project, intitulée « La grande invaZion » et réalisée par le biais des réseaux sociaux, a sondé 3 213 jeunes Français entre 15 et 20 ans.

Auto-entrepreneurs innés, ils prônent le principe de l’auto-apprentissage, apprenant de tous les canaux et de manière continue. Les Z se caractérisent par de multiples identités et de multiples appartenances, trait qui les différencie des autres générations. De plus, ils ont besoin d’un rythme très rapide – adeptes de la vitesse, ils font tout plus vite, sont peu patients et risquent de s’ennuyer dès le ralentissement du rythme. Ils affichent une forte estime de soi (72 %), suggérée par l’importance accordée à leur propre image. Pour eux, la clé de réussite, c’est le bon réseau (40 %). 

Aujourd’hui, dans une entreprise on peut donc trouver ces différentes générations, avec leurs personnalités, valeurs, cultures, centres d’intérêt, religions, provenances géographiques, etc. C’est la raison pour laquelle il faut s’adapter et être créatif dans les méthodes de management, communication et évaluation. En tant que manager, n’hésitez pas à repérer vos profils autonomes pour leur laisser le libre choix de leur mode de travail. Soyez souples quant aux horaires, d’autant plus lorsque la mission confiée est qualitative et réalisée dans les délais. Communiquez votre feedback immédiatement, responsabilisez réellement votre salarié, proposez des primes, sollicitez les avis et suggestions…Voyez votre mission de manager plus comme le chef d’orchestre du bon déroulement des objectifs.

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