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Jérôme BENBIHI

Responsable du bonheur au travail : un nouveau métier qui fait débat

 

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La qualité de vie au travail est une question qui prédomine de plus en plus au sein des entreprises françaises. Confrontés à la nécessité de rendre leurs organisations plus agiles et leur marque employeur plus attractive, de plus en plus de grands groupes adoptent des managers du bonheur. Aujourd’hui en France, environ 200 personnes occupent les fonctions de "chief happiness officer" (CHO) et autres "responsables de l'expérience salarié", "responsables de l'innovation managériale", "feel good managers"… Venus des Etats-Unis, ces nouveaux postes à la frontière entre fonction RH, communication interne et marketing commencent à se développer en France depuis environ trois ans. Actuellement 80% des entreprises du CAC 40 s'y intéressent, soit environ 120 sociétés de toutes tailles et secteurs confondus. Selon une étude de Harvard et du MIT, les salariés épanouis seraient deux fois moins malades, six fois moins absents, neuf fois plus loyaux, 31 % plus productifs et 55 % plus créatifs. Et, dans une entreprise, proposer un poste de CHO devient un véritable atout en ce qui concerne l’image de marque. Une structure qui se préoccupe de la vie de ses salariés en dédiant une personne adaptée sera pertinente pour les nouvelles générations qui souhaitent évoluer dans des entreprises respectueuses de leur bien-être. Le responsable du bien-être au travail a donc pour mission de s'assurer que chaque salarié est bien dans son poste, que ses relations avec ses collègues et sa hiérarchie sont harmonieuses et qu'il s'épanouit dans ses missions. Il doit créer les conditions optimales au sein de son entreprise pour que chacun ait plaisir à venir travailler. Ainsi, parmi les missions d'un CHO, on peut retrouver :

– Médiateur : encourager le dialogue, créer du lien, entretenir les motivations au niveau individuel (suivi personnel, coaching…). Permettre une communication transversale.

– Fédérateur : il a aussi pour mission d’entretenir l’ambiance, la cohésion, une culture d’entreprise positive en organisant notamment des activités amusantes : concours, ateliers créatifs, happy hours, événements et activités extérieures.

– Moteur : par son dynamisme et son charisme, il doit donner un nouvel élan, redonner des valeurs, encourager les talents, cultiver une image valorisante de l’entreprise et à terme, bien sûr, booster la productivité.

La liste est non exhaustive. Chaque entreprise étant unique, il n'existe pas de portrait type du CHO idéal, ni d'inventaire type des missions qu'il se verra confier. Toutefois, il est crucial de comprendre qu'un responsable du bonheur en entreprise ne peut à lui seul porter la responsabilité du bien-être de chacun. Il ne suffit pas de nommer un CHO pour changer la culture d’une boite.

Certaines structures tombent dans le piège du superficiel en privilégiant l'aspect cosmétique et marketing du poste plutôt que des réformes en profondeur du modèle. "Le piège serait, pour les grands groupes qui ne vont pas très bien et qui ont identifié des problèmes d’engagement de leurs salariés, de croire qu’un CHO qui ne serait pas convié aux différents comités stratégiques, qui n’aurait pas de poids réel sur l’organisation, pourrait résoudre les choses" précise Bertille Knuckey, en charge du fonds Happy@Work chez Sycomore AM. Il faut donc veiller à ce que les CHO bénéficient d'une présence au plus haut niveau de l'entreprise : « L'important, c'est que cette personne ait une voix qui porte, en faisant partie du comité exécutif mais aussi en réalisant des présentations régulières en conseil d’administration ou de surveillance. Si les dirigeants ne leur donnent pas les moyens de transformer l'entreprise ou de faire perdurer sa culture, cela ne fonctionnera pas. L’enjeu clé, c’est de voir aussi comment cette transformation infuse à tous les niveaux de l’organisation, avec l'idée que la fonction puisse réellement servir d'instrument à la transformation des entreprises, en permettant de ramener les préoccupations réelles des salariés à la table des discussions lors de l'élaboration des stratégies. » 

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