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Jérôme BENBIHI

Mutations du travail : quelles tendances ?

 

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Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises innovantes abandonnent le modèle du bureau traditionnel pour se lancer dans l’aventure du télétravail, du nomadisme et du coworking. Quel que soit leur métier, les entrepreneurs individuels, les très petites entreprises ou les startups ont tendance à se réunir pour mutualiser les coûts. Et avec l’arrivée des générations Y et Z, les entreprises prennent le parti de faire évoluer leurs espaces de travail et organisation.

On assiste à une monté en puissance du coworking, avec des lieux de travail qui favorisent les rencontres, les échanges et la collaboration. D’après une enquête de Deskmag, il existe plus de 7 800 espaces de coworking dans le monde. 65 % des Britanniques et 54 % des Suédois se rendent tous les jours dans leurs entreprises, contre 77 % des salariés français, dont 65% souhaitent pouvoir travailler à distance.

Lieu fertile à la création d’entreprise, à l’innovation et à l’emploi, lieu où se tisse du lien social et les idées et les projets émergent, lieu de mutation du rapport au travail, les espaces de coworking nous dévoilent les aspirations et les valeurs des nouvelles générations. Pour la troisième génération de coworkers qui émerge aujourd’hui, le fait de rejoindre un espace collaboratif signifie avant tout rejoindre une "communauté", déclare Julie Fabbri, professeure assistante à EMLyon Business School et chercheure associée au Centre de recherche en gestion de l’Ecole polytechnique de Paris-Saclay. Elle évoque l’idée de communautés qui contribueraient à l’émergence et au soutien de projets innovants, qu’ils soient portés par des individus, des entreprises, des associations ou des institutions publiques. Des communautés qui reposent sur « des logiques de don/contre-don, des relations gagnant/gagnant », qui sortent des relations fournisseurs/clients et des relations business basées sur la domination. Lors des 1ères Assises du coworking, le consultant Hugues de Vaulx, associé-fondateur à Coop Alternative, cabinet conseil en responsabilité sociétale, a décrypté trois nouvelles tendances. La première tendance, c’est l’abandon de la pyramide hiérarchique. C’est ce qui rend l’ambiance meilleure. Une coworkeuse a confié que « ici, il n’y a pas d’esclave comme on en trouve beaucoup trop dans les entreprises. La valeur forte qui y est associée, c’est la liberté… »

La seconde tendance, c’est la quête du sens, le désir de « créer un écosystème de travail bienveillant, productif et convivial, pour tous les porteurs de projet et travailleurs autonomes, créatifs et bigarrés. ».

La troisième tendance c’est la création de dispositifs pour encourager les personnes à oser se montrer telles qu’elles sont, dans une confiance mutuelle.

Le 7 juin, Neo-nomade, en partenariat avec le Centre Michel Serres, a lancé une nouvelle édition de son expérimentation baptisée « Quel bureau demain ? » qui vise à explorer de nouvelles pratiques de travail et à en mesurer les impacts à l’échelle des organisations participantes et à celle des territoires sur lesquels elles sont implantées, dans une vision d’avenir. “ Le fait de rentrer dans une dynamique collective, en acceptant de partager les expériences, tout cela va bénéficier aux territoires qui, pour la première fois, vont pouvoir quantifier, évaluer l'impact que les nouvelles pratiques de travail, nomment le télétravail et la mobilité, peuvent avoir sur les infrastructures de transports et la localisation des activités en première et deuxième couronne grâce à ce travail hors du bureau .” déclare Nathanaël Mathieu, co-fondateur de Neo-Nomade.“ Par ailleurs, la première édition menée en 2015 avait fait ressortir les profils suivants :

-les sédentaires à la recherche d'espace où ils peuvent se concentrer ; 

-les aventuriers qui vont dans des espaces de coworking pour les échanges, l'innovation ;

-les sociaux qui sont à la recherche d'une communauté de travail complémentaire à celle de l'entreprise ;

-les coordinateurs qui viennent plutôt pour des réunions ;

-les ultra nomades comme par exemple les commerciaux et qui utilisent les lieux sur des durées courtes et sans forcément de lien avec les autres utilisateurs.

Comme le dit Nathanaël Mathieu, le coworking est une alternative au bureau et au domicile pour ceux qui ne peuvent ou veulent pas travailler de chez eux. Il ne faut pas chercher à opposer les différentes pratiques de travail à distance. Certaines sociétés ont créé leurs propres espaces de travail nomade, d'autres font le choix du coworking. « Nous pensons que le coworking apporte un plus à tout ça car en plus de la solution immobilière qu'il représente il ouvre la porte à un deuxième collectif de travail, à une ouverture vers l'extérieur de l'entreprise et pour certains salariés un véritable bol d'air. »

Article publié sur LinkedIn

 

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