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Jérôme BENBIHI

Génération Z : sur quels leviers se construit leur engagement ?

 

GenerationZ

En 2020, la génération Z représentera 50% de la workforce et des consommateurs mondiaux. La société change et l’entreprise ne peut pas échapper aux changements. La question de l’intergénérationnel serait donc au centre des réflexions des entreprises. « La vraie transformation des entreprises n’est pas, contrairement aux lieux communs, uniquement digitale, elle est fondamentalement humaine et intergénérationnelle ; le digital est un catalyseur qui attire la lumière, mais la question du vivre ensemble reste ouverte et trop souvent dans l’ombre » (Alain Pitelet). 

Avec leur dernier livre « Générations Y&Z, le grand défi de l’intergénérationnel », Daniel Ollivier et Catherine Tanguy nous apportent des éclairages sur les pratiques de management à privilégier afin de développer l’engagement individuel et la collaboration intergénérationnelle. Quelles sont les aspirations et les modes de fonctionnement des jeunes ? Quelle est leur vision du travail et de l’entreprise ? 

« C’est le plaisir et l’envie qui guident leur démarche, pas le devoir ou l’obéissance à une norme sociétale », écrivent les auteurs. Les générations Z n’entrent pas dans une entreprise pour construire une carrière mais pour participer à une mission, une expérience ou encore un projet. Bref, leur niveau d’engagement est lié à l’intérêt de faire, et ils ne sont pas prêts à sacrifier vie personnelle et familiale. Mais, ce choix de vie ne doit pas être interprété comme un désintérêt pour le travail. Les auteurs rappellent que, la génération Y était la première à vivre la situation de voir simultanément ses deux parents s’investir professionnellement, elle était aussi la première à vivre les plans sociaux et le licenciement de ces proches à l’âge de 50 ans. Cette réalité explique, en grande partie, la méfiance qu’elle manifeste à l’égard du marché du travail. « Dans un monde où la finance devient omniprésente, est-il possible de faire confiance à l’entreprise ? … cette génération Y, par le décalage qu’elle incarnait avec les valeurs traditionnelles de l’entreprise, a fait l’objet d’un jugement critique sur sa volonté de s’engager professionnellement. » Quant aux Z, lucides sur la précarité du marché du travail, expriment le besoin de vivre des vies plurielles et singulières, et savent qu’ils doivent s’adapter à une société dans laquelle il faudra être prêt à rebondir professionnellement pour ne pas être exclu. 

Selon l’étude « La grande invaZion », réalisée par BNP Paribas et The Boson Project en 2015, 38% des jeunes Z se voient changer de poste cinq fois durant leur carrière et 32% se disent prêts à quitter leur travail du jour au lendemain. 80 % considèrent que le travail est important dans leur vie, mais seulement 18 % d’entre eux considèrent qu’il est prioritaire. A la question de savoir sur quels critères ils choisissent un employeur plutôt qu’un autre, 22% des Z répondent que leur préférence va à l’entreprise la plus innovante, 25% à la plus fun, 21% à la plus éthique, 20% à la plus internationale et 10% à la plus prospère. Dans l’analyse des démissions, il est noté que dans 71% des cas, celles-ci sont liées à la mauvaise entente avec l’encadrement ou avec les membres de l’équipe. Les facteurs d’ambiance sont ainsi déterminants pour les Z, de même qu’un système de management transversal, agile, souple, décentralisé et responsabilisant. Ils sont demandeurs de télétravail et d’une souplesse dans la gestion des horaires. 

Les jeunes de la génération Z se disent prêts à s’investir dans la durée si l’organisation leur apporte reconnaissance, possibilité de s’exprimer et vie en groupe. Ils sont à la recherche d’un manager-coach, doté de compétences davantage relationnelles (accessible, disponible, à l’écoute, honnête et transparent) qu’organisationnelles ou techniques. Enfin, le travail est un moyen de se réaliser, ce qui équivaut à être soi-même, c’est- à-dire authentique et en harmonie avec ses propres valeurs. Ce sont les grandes lignes tracées dans « Générations Y&Z, le grand défi de l’intergénérationnel » de Daniel Ollivier et Catherine Tanguy, et chacun peut mesurer le chemin à parcourir pour s’inscrire dans cette nouvelle culture.

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