Small nick 01

Jérôme BENBIHI

 Bienveillance en entreprise : utopie ou réalité ?

 

bienveillanceenentreprise

Nous vivons une époque de changements sur le plan mondial, technologique et social qui s'enchaînent à un rythme plus rapide que jamais et touchent notre vie de façon radicale. Parallèlement, en ce temps de crise dans un monde de repli sur soi, il y a de la pression des chiffres, et la pression au travail est devenue si forte que l’on voit partout une précarisation de l’emploi et une augmentation du stress et du burn-out.

Comment faire face à un contexte aussi difficile ? Mobiliser l’intelligence collective. Pour ce faire, il faut créer de la confiance, et la confiance nait de la bienveillance.

Rappelons que les sciences humaines et sociales nous ont montré que la bienveillance permet de créer un environnement favorable sur la motivation individuelle et l’engagement, et au final, sur le fonctionnement des petits groupes. Or, l’engagement des salariés est l’une des meilleures clés de la performance. Sans cela, ils se détournent de leurs tâches, les font à minima et l’entreprise passe à côté de talents et de sources d’innovation potentielle. Rien qu’en valorisant de simples règles de savoir-vivre, telles la politesse, l’empathie, la convivialité et la reconnaissance, on aura les conditions favorables au développement d’une culture de la bienveillance. Transposée à l’entreprise, la bienveillance se décline selon trois principes élémentaires : promouvoir l’attention à autrui, veiller à la qualité des relations personnelles et aux bonnes conditions de travail pour chacun.

Dans leur ouvrage « Bienveillance en entreprise : utopie ou réalité ? », 2017, Olivier Truong et Paul-Marie Chavanne analysent de façon très juste les bénéfices et les règles de cette culture d’entreprise.

L’ouvrage donne les clés de succès des managers bienveillants qui leur permettront de réussir et d’accélérer le processus de réinvention des relations interpersonnelles dans le monde du travail.

« La Bienveillance, c’est davantage que de la gentillesse et de l’attention à l’autre. La Bienveillance va bien au-delà. Elle est une forme de volonté permanente que chacun puisse se réaliser, que chacun puisse prendre des initiatives, que chacun puisse trouver une voie pour rencontrer son destin, développer son potentiel et devenir soi », indiquent les deux auteurs. La bienveillance envers quelqu’un signifie s’intéresser à lui, prendre soin de lui, ou « chercher le bien de l’Autre, qui vise à le faire grandir en s’appuyant sur ses qualités et en l’aidant à dépasser ses limites ». Olivier Truong et Paul-Marie Chavanne rassurent qu’il ne s’agis en aucun cas d’un excès de conciliation et de tolérance, qui est complètement à l’opposé de la bienveillance. 

D’après une étude de l’université anglaise de Warwick, la productivité d’une équipe heureuse augmente de 12 %. « L’observation d’équipes restreintes montre que le sentiment de sécurité, de lien social et de protection réciproque amène les équipes à développer un engagement fort dans le travail. Or, l’engagement des collaborateurs est l’une des meilleures clés de la performance », indiquent Olivier Truong et Paul-Marie Chavanne. Nathalie Roos, directrice générale de la division Produits professionnels et membre du comité exécutif de L’Oréal, confirme : « Quand nous nous sentons émotionnellement connectés avec l’entreprise, que nous avons l’opportunité de faire de notre mieux tous les jours, et que nous nous sentons respectés, responsabilisés et développés, nous obtenons les meilleures performances ».

Le livre « Bienveillance en entreprise : utopie ou réalité ? » analyse encore plusieurs questions, parmi lesquelles : Y a-t-il une place pour une culture de la Bienveillance dans l’entreprise ? Existe-t-il des barrières à la mise en place d’organisations concrètes capables de promouvoir la bienveillance ? 

Il aidera le dirigeant à s’interroger, à relire son expérience et à considérer qu’il peut lui aussi contribuer à l’émergence d’une plus grande harmonie dans les relations de travail.  L’ouvrage est un moyen d’une prise de conscience : nous pouvons tous être « acteurs de Bienveillance », comme le disent les auteurs, et ainsi participer, même modestement, à l’émergence d’un monde meilleur. 

Le rôle des dirigeants et des managers est donc central puisque la bienveillance en entreprise est une attitude qui se transmet en cascade : depuis le haut d’une organisation jusqu’en bas de celle-ci et autour d’elle. 

Article publié sur LinkedIn 

 

Laissez un commentaire