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Jérôme BENBIHI

Le repos rend plus productif 

 

reposproductivité

De nos jours, nous sommes souvent sous pression, avec le sentiment que tout ce que nous devons faire est un défi, et nous avons peur de ne pas être à la hauteur. Nous avons toujours des obligations, des objectifs à atteindre, et subissons une tension constante. La multiplication des cas d'épuisement, de burn-out et de dépression en est la preuve.

Et si savoir demeurer en repos était le secret des personnes productives ? C’est ce que propose d’explorer Fabrice Midald dans son livre « Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre », invitant le lecteur à lâcher-prise et se donner l’autorisation d’être soi-même, de vider son esprit, de se laisser tranquille pour retrouver liberté, créativité, spontanéité. Selon la sociologue Nicole Samuel, nous ne consacrons qu’une à deux minutes par jour à la réflexion, ce qui est très insuffisant. Car, c’est notamment dans le temps libre que nos pensées peuvent s’organiser, faire le point, construire des projets, être disponibles à l’essentiel.

Pour créer, nous avons besoin d’être ouverts et par-dessus tout… vide, écrit Amanda Castillo dans un article pour Le temps. Comme l’ont affirmé plusieurs scientifiques, compositeurs et écrivains parlant de leurs méthodes de travail, l’espace vide, immobile et accueillant est la condition indispensable à toute manifestation créative. Travaillant seulement deux heures le matin et deux heures le soir, le scientifique Henri Poincaré avait dit qu’en trois occasions, la solution d’un problème lui était apparue spontanément alors qu’il se trouvait dans un état de quiétude mentale. Emmanuel Kant aurait écrit « Critique de la raison pure » en travaillant seulement une heure par jour. Charles Darwin travaillait aussi une heure par jour, dans le reste du temps il s’occupait de sa maison, il se promenait dans la nature, et le soir son temps était consacré à sa famille. Mais comment peut-on suivre le rythme accéléré de la vie moderne et de l’entreprise, face à un flot incessant d’informations, surchargés de travail, en état de compétition ?

Dans son livre Slow Business, Pierre Moniz-Barreto écrit : « Dans de nombreuses entreprises, des dirigeants névrosés favorisent les attitudes présentéistes, les excès de zèle, les soirées passées au bureau, les nuits blanches de travail, finissant même par les faire passer pour bien vus ». Si nos horaires de travail étaient moins longs au quotidien, notre vie serait plus saine, plus productive, et les entreprises seraient plus performantes. Plusieurs études le prouvent, les employés sont plus productifs quand les horaires de travail sont courts, et quand ils définissent un temps de pause après avoir effectué une longue tâche.

Bob Kustka, dirigeant-fondateur de Fusion Factor (entreprise de conseil en management du temps et en amélioration de la productivité), confirme aussi que plus on travaille longtemps, moins nous sommes efficients. « Les athlètes de haut niveau font beaucoup de pauses entre leurs efforts… L’énergie au travail est comme l’énergie physique, mieux utilisée pendant des pointes de travail ardu, concentrée sur quelques tâches, et relâchée au cours de pauses régulières. » Le cerveau humain a besoin de temps de pause pour se rétablir. Prendre des pauses régulièrement améliore la créativité, la mémoire et la qualité du travail. Et l’absence de pauses peut entraîner le stress, l'épuisement et un blocage créatif. Il est donc conseillé de s’accorder régulièrement du temps pour se retirer à un endroit où vous pouvez vous recharger, vous renouveler et réfléchir. « En fin de compte, pour ce qui est du repos et de la gestion de la fatigue, les avantages pour les compagnies et les employés sont parfaitement alignés : moins de fatigue augmente la productivité, réduit le coût de l’effort, augmente la satisfaction au travail, réduit le taux de rotation du personnel et l’absentéisme et ultimement augmente le profit, » confirment les résultats de l’étude « It is time to get some rest », 2017, écrit par Manel Baucells de Darden School of Business.

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