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Jérôme BENBIHI

4 conseils pour déconnecter du travail

 

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Aujourd’hui, le travail s’insinue dans beaucoup de moments privés. Les outils nomades permettent d’emmener plus facilement du travail à la maison et la limite entre vie privée et vie professionnelle est devenue poreuse. Si les smartphones, tablettes ou ordinateurs portables contribuent à renforcer le flou, ou « blurring », c’est surtout l’usage que les employeurs et les salariés en font qui affecte directement sur la vie personnelle. Touchés par l’incapacité de lâcher prise, les workaholics, ultra-connectés, perdent en concentration, en motivation ou en plaisir, et deviennent stressés et inefficaces. Le cerveau humain a vraiment besoin de repos total de temps à autre. Notre réservoir énergétique n’est pas infini et nous devons nous arrêter afin de mieux repartir dans un second temps. Ce qui implique de se déconnecter de son travail quand on est en vacances, mais aussi le soir en rentrant du boulot. Sinon, les risques de faire naître des symptômes psychiques ou physiques sont réels. Voici donc quelques pistes pour faire passer son cerveau du mode boulot au mode repos :

1. Accordez-vous une respiration

Lorsque vous quittez le travail, essayez de trouver une phase de transition pour vous vider l’esprit. Avant de rejoindre la sphère personnelle de votre vie, une marche à pied ou un trajet à vélo plutôt qu’en voiture, un peu de sport, de la méditation ou même un court moment de respiration vous aidera à laisser derrière vous les soucis du travail.

2. Résistez à la tentation du mail

D’après une enquête du cabinet de conseil Deloitte, 71% des cadres consultent leurs mails professionnels le soir ou en congés même si 76% estiment que les outils numériques ont un impact négatif sur leur vie personnelle. L’étude du cabinet de conseil Eléas, « Pratiques numériques des actifs en France en 2016 », confirme la tendance des salariés à se connecter sur leur boîte mail professionnelle en rentrant chez eux ou pendant leurs congés. Or, d’après l’étude de la Michigan State University, les employés qui consultent leur mail après 21h sont en effet beaucoup plus fatigués le lendemain et moins productifs au travail. Sans parler des troubles du sommeil qui vont avec l’utilisation d’écrans tard le soir. Il faut donc résister à l’envie – voire à l’addiction – de consulter vos mails/messages professionnels pendant votre temps libre.

3. Fixez des limites

Après un certain point, faire des heures supplémentaires devient contre-productif et même dangereux pour votre santé. Des scientifiques le disent : il est impératif de savoir quand dire stop aux heures supplémentaires. Diverses organisations et des chercheurs indépendants se sont penchés sur les conséquences physiques, mentales, émotionnelles et sociales des heures travaillées au-delà de 40 heures par semaine. Les résultats sont les suivants :

- Travailler plus de 10 heures par jour augmente de 60% le risque de problèmes cardio-vasculaires.

- 10% de ceux qui travaillent 50 à 60 heures par semaine développent des problèmes relationnels importants.

- Travailler plus de 40 heures par semaine est associée à une augmentation de la consommation d’alcool et de tabac

- On constate une prise de poids anormale chez les hommes qui travaillent plus de 40h/semaine.

- Chez les femmes, c’est la dépression qui frappe celles qui travaillent trop.

- Au-delà de 50 heures par semaine, le travail devient moins productif.

- Là où l’on fait peu d’heures : seulement 23% des entreprises présentent des taux d’absentéisme supérieur à 9% des salariés. Près du double, soit 54% des entreprises qui font trop travailler leurs employés, enregistrent un taux d’absentéisme dépassant les 9%.

Sachez donc que le repos que vous vous accordez, le temps passé avec votre famille, la pratique d’un sport ou la promenade dans un parc vous rend plus efficace le lendemain au travail.

4. Arrêtez de ruminer

Le stress lié au travail vient souvent par anticipation. On rumine ce qui s’est passé la veille et on pense à ce qui arrivera le lendemain. Pourquoi se focaliser sur des choses qu’on ne peut pas changer, revivre maintes et maintes fois des situations difficiles et plonger dans un état interne angoissant alors que finalement tout ne va pas si mal dans le présent. Et si la situation avait une autre signification ? Que pourrait penser quelqu’un d’autre de cette situation ? Il n’y a pas qu’une seule interprétation. Pourquoi inventer des situations qui vous polluent chez vous à la maison et entretiennent un surmenage et un surinvestissement professionnel qui peuvent vous conduire au burnout. Dites-vous que « ce qui n’est pas encore arrivé n’existe pas ». Inutile donc de se stresser par avance. Concentrez-vous sur ce que vous faites « ici et maintenant » en dehors du travail.

Faites du sport, marchez dans la nature ou pratiquez des activités qui vous ressourcent.

Enfin, pour que ces règles soient applicables, les employeurs ont également leur rôle à jouer. En France, depuis le 1er janvier 2017, les entreprises de plus de 50 salariés ont une nouvelle obligation : selon l’article L2242-8 du Code du travail, adopté dans le cadre de la loi Travail, les salariés peuvent désormais faire valoir leur « droit à la déconnexion et la mise en place par l’entreprise de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques ». Certaines entreprises n’ont pas attendu cette loi pour inciter les employés à déconnecter. Axa France a, par exemple, choisi de recommander à ses collaborateurs de ne pas envoyer de mails en dehors des horaires de bureaux. Depuis 2011, l’entreprise allemande Volkswagen coupe ses serveurs le soir et le week-end, de sorte à ce qu’aucun mail n’arrive. Le constructeur allemand Daimler a mis en œuvre le programme « Mail on Holiday » permettant aux salariés d’effacer tous les mails reçus durant leurs congés. L’expéditeur en est bien entendu informé. Il reçoit également le nom d’un autre salarié qu’il peut contacter. Les groupes allemands ont une longueur d’avance sur le sujet de la déconnexion. L’autre grand constructeur du pays, BMW, a mis en place un système permettant aux salariés d’inscrire leurs heures effectuées en dehors du bureau sur un compte épargne-temps.

Les entreprises ont tout intérêt à mette en œuvre des moyens pour assurer le respect des temps de repos et de congés des salariés, ainsi que l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Car, des salariés surchargés en termes d'informations ne sont plus capables de gérer leurs priorités et perdent en productivité. D’autant plus que les juges sanctionnent régulièrement des employeurs qui ont manqué à leur obligation de santé et de sécurité en exposant le salarié à une charge ou des horaires de travail excessifs, à un stress permanent... L'employeur qui encourage ou simplement ferme les yeux sur des salariés qui ne déconnectent pas peut aussi se voire condamné au paiement d'heures supplémentaires, et poursuivi au pénal pour travail dissimulé.  

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