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Jérôme BENBIHI

Le bon sens pour mieux manager

 

bon sens 

Les méthodes de gouvernement d’entreprise, de direction et de management ont un impact majeur sur la qualité de vie au travail et les performances. Un management qui ne prend pas en compte les aspects humains produit des effets néfastes, la crise chez France Telecom en est la preuve. 10 à 25% de l’efficacité d’un collaborateur est imputable à son bien-être psychologique… cela justifie à quel point un management moderne et bienveillant est fondamental pour les entreprises. Chaque personne a besoin de bienveillance pour vivre, s'épanouir et donner le meilleur.

Lors de ses conférences, Gaël Chatelain, consultant en management, auteur et conférencier, parle souvent du « bon sen », de cette « capacité à analyser une situation et à agir en utilisant des connaissances simples plutôt que de faire appel à des expertises ou des connaissances complexes ». Le stress au travail n’est pas une option pour l’entreprise : absentéisme, risques psychosociaux, souffrance au travail… toutes ces choses qui au final réduisent la productivité de l’entreprise.

G. Chatelain évoque quelques situations problématiques que l’on rencontre dans certaines entreprises, qui « connaîtraient un grand progrès si le simple bon sens était mis en avant au quotidien ».

1. L’équipe est de mauvaise humeur en permanence et l’absentéisme explose : cela reflète généralement un dysfonctionnement dans l’entreprise et doit conduire le chef d’entreprise à une remise en question de son organisation et des conditions de travail. Si l’on veut que cette ambiance change, il faut améliorer la qualité de vie au travail, parler avec les collaborateurs du sujet qui pose problème pour identifier la cause puis la supprimer.

2. Risque de burn-out

Personne n’est à l’abri de l’épuisement professionnel. Certaines situations, attitudes ou caractéristiques individuelles, peuvent, dans un contexte de travail stressant, contribuer à l’épuisement professionnel. Lorsque les hormones du stress remontent au cerveau, elles modifient la manière dont on détecte la prochaine situation. Les hormones modifient donc la façon de voir les choses. Plus on est stressé, plus on génère de réponses de stress.

En règle générale, ce sont les salariés les plus impliqués qui font un burn-out, car ils ne se reposent pas assez, travaillent même pendant ses temps de pause au bureau et à la maison. Le manager doit donc créer des conditions de la déconnexion et être attentif à ne pas envoyer de courriels en dehors des horaires de travail et exiger que ses collaborateurs fassent de même.

3. Le manager sous pression

Dans un contexte de contraintes et des échéances de plus en plus courtes, la pression qui pèse sur les managers est forte. Si vous vous laissez envahir par le stress, vous risquez de prendre les mauvaises décisions aux mauvais moments. On vous demande souvent d’agir rapidement et efficacement. Rappelez-vous qu’il y a une différence entre rapidité et précipitation. Il faut prendre les décisions avec clairvoyance. Il est donc vital, dans certaines situations, de savoir dire « non » à la hiérarchie malgré la pression, pour poser des limites aux sollicitations excessives.

4. Vous hésitez encore à passer au management bienveillant ?

Rappelez-vous la vague des suicides entre 2008 et 2009 chez France Télécom : il y a eu 39 victimes : 19 qui se sont suicidées, 12 qui ont tenté de le faire, et 8 qui ont subi un épisode de dépression ou ont été en arrêt de travail. L'inspection du travail a dénoncé la « brutalité » des méthodes managériales qui « ont eu pour effet de porter atteinte à leur santé physique et mentale », selon le rapport remis à la justice.

Quelle entreprise pourrait supporter, d’un point de vue humain, et business, que ses collaborateurs préfèrent se suicider plutôt que de venir travailler ? La bienveillance en entreprise a toute sa place pour faire reculer les phénomènes d’épuisement, de surmenage, de décrochage et de démotivation individuels et collectifs. Être un manager bienveillant, c’est éviter de générer du stress chez ses collaborateurs, car il devient alors impossible de les motiver. Écouter, encourager et rassurer sont les maîtres mots qui permettent d'insuffler de la force et de l'énergie à ses collaborateurs. Accorder la considération qu’il mérite à l’être humain est plus que bénéfique. Remettre l’humain au centre de tout c’est gagner en efficacité et en implication, car de tout temps, c’est l’humain qui fait fonctionner l’entreprise.

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