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Jérôme BENBIHI

Les lois du bonheur au travail

 

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Selon une étude du groupe de prévoyance Apicil et du cabinet Mozart Consulting, le mal-être en entreprise coûterait 12 600 euros par an et par salarié au secteur privé. 2 500 euros sont imputables à des coûts "incompressibles" liés aux problèmes de santé personnels, et le reste, soit 10 100 euros, pourraient être économisés par une politique interne plus soucieuse du bien-être.

Le bonheur au travail est une notion bien entendue des entreprises qui comprennent l’enjeu de la compétitivité moderne. Un salarié heureux est un salarié moins souvent absent/malade et beaucoup plus fidèle à son entreprise, il est plus productif et donc plus rentable. C’est pourquoi la plupart des entreprises aux Etats Unis, et surtout les entreprises technologiques de la Silicon Valley en Californie, rivalisent d’ingéniosité pour façonner une culture de bien-être. Tout est fait pour que le salarié se sente bien:

- déjeuner, ou, buffet de nourriture ouvert toute la journée

- possibilité d’emmener son animal de compagnie au bureau

- les horaires sont flexibles

- possibilité de télétravail quand l’employé le souhaite

Bien évidement il y a des espaces avec des tables de ping-pong, des baby-foot, des cours de yoga, des séances de massage… Et, on trouve de plus en plus de « nap-room » pour permettre aux employés de faire une courte sieste après le déjeuner. Tony Hsieh, CEO de Zappos, (entreprise américaine de vente en ligne de chaussures, devenue légendaire dans le monde entrepreneurial) a mis au cœur de ses préoccupations le bonheur de ses employés et de ses clients. Cette culture d’entreprise différente a fait de Zappos un modèle de succès : son chiffre d’affaires a atteint 1 milliard de dollars en moins de dix ans. Et en 2009, l’entreprise a été rachetée par Amazon : une transaction de 1,2 milliard de dollars !

Au-delà des avantages cités plus haut, Tony Hsieh a mis en place un système de holocratie, une forme d’organisation de la gouvernance basée sur la mise en œuvre formalisée de l’intelligence collective : il n’y a plus de chefs, c’est une organisation qui s’autogère par fonctions propres au métier de l’entreprise, avec les services fonctionnels habituellement utilisés. La start-up californienne Evernote offre 1 000 euros à chacun de ses salariés réalisant au moins un voyage d'une semaine par an. La société pratique également les congés illimités. Tout comme Eventbrite, site d'organisation et de gestion d'événements. "Les salariés qui prennent le plus de congés sont généralement ceux qui remplissent le mieux leurs objectifs", explique Julia Hartz, l'une des deux cofondatrices. Les congés illimités sont en train de devenir la norme. "Si ces avantages sont le prix à payer pour attirer et retenir des talents, alors c'est un investissement qui en vaut la peine", estime Whitney Bouck, responsable HR chez Box. Tous les moyens sont donc bons pour séduire les meilleurs d'entre eux.

Glassdoor, qui note les entreprises en recueillant les avis de salariés, a placé Facebook en deuxième position des meilleures entreprises où travailler. Facebook propose tellement d’avantages sociaux qu’il est impossible de tous les connaître pour en profiter. Google, avec son cadre de travail idyllique au cœur de la Silicon Valley, avec un jacuzzi et un terrain de beach-volley, entre autres, propose des avantages surprenants : en cas de décès d’un employé, son conjoint percevra la moitié de son salaire pendant dix ans. En 2013, l’entreprise Nordiste Kiabi a décidé de lancer la “Happy Culture” donnant aux jeunes talents l’opportunité de participer au développement et l’organisation de l’entreprise. « Nous proposons un cadre pour que les magasins se ressemblent, mais nous laissons chaque collaborateur libre dans l’exercice de la relation client… pourvu que le client soit satisfait. La valeur ajoutée du magasin, c’est l’humain », affirme Francois Haimez, Directeur général France de Kiabi.  En moins de dix ans, la marque Kiabi a transformé son image et connaît une croissance réjouissante. En France, l’entreprise Boulanger a décidé en 2010 de concentrer son activité autour du bonheur, avec comme mission de vendre de la Happy Technologie à ses clients. Elle a proposé un service de livraison de pièces détachées à domicile grâce à la technologie des imprimantes 3D et son nouveau service la “Happy 3D” : en cas de panne, les clients peuvent télécharger la pièce à changer et la produire librement à l’aide d’une imprimante 3D. Boulanger propose à ses clients de les mettre en relation avec détenteur d’une imprimante 3D proche de chez eux et une formation à l’impression 3D via BDom.

Le bonheur au travail se développe non seulement par la culture mais aussi par la technologie, en utilisant des solutions qui vont permettre au salarié de se sentir bien formé et informé. Exemples :

La startup Waggl basée à San Francisco a développé un service permettant aux managers de poster des requêtes à leurs équipes pour générer des discussions en interne au service, avec l’objectif de déterminer quelles réponses sont les meilleures au moyen d’un mécanisme de vote. Comme la motivation n’est pas toujours au rendez-vous, la société Butterfly a décidé de mesurer la satisfaction au quotidien, créant un outil de suivi de l’humeur, qu’ils décrivent comme un “bonheur intelligent et récurrent” pour être pleinement efficace. Il s’agit de micro-enquêtes quotidiennes permettant aux entreprises d’avoir une vision claire du niveau de bonheur de leurs équipes. La force de ce système consiste en son immédiateté et la possibilité de rétroaction instantanée des demandes. Sur ce principe, la startup d’origine Australienne et basée désormais à San Francisco Myagi a développé une “plateform as a service” disponible sur tablette et smartphone permettant de partager les informations mettant à jour en temps réel les fiches produits fournies par les marques, et d’autres informations plus générales sur l’entreprise afin de tenir motivés les équipes de ventes qui ont souvent besoin d’être challengées sur leurs performances… La société Hyphen a choisi les mêmes cas d’usages en y rajoutant des Analytiques pour explorer le prédictif dans la masse d’informations échangées. Sans parler de “machine learning’ (apprentissage automatique par le langage), le bonheur de chacun passe aussi par l’anticipation et le fait d’éviter des problèmes.

Une autre façon d’attirer les talents, et de les rendre heureux par le travail, c’est de les rémunérer par le capital, les “stocks options”. Les grandes entreprises comme Google, Facebook et Uber ont réussi grâce à l’engagement de milliers de développeurs en logiciel qui ont vu en leur entreprise une façon de se voir réussir non pas en tant que simple salarié mais aussi comme contributeur de son succès.

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