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Jérôme BENBIHI

Comment faire cohabiter 4 générations au sein d’une entreprise

 

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Aujourd’hui, dans la plupart des entreprises cohabitent quatre générations : les baby-boomers nés entre 1942 et 1959, les X nés entre 1960 et 1979, les Y nés entre 1980-1995, et les Z nés après 1995.

Chacune de ces générations apporte ses propres méthodes et vision du travail, et possède un rapport à la hiérarchie et aux technologies très différent. Ce sont autant d’enjeux pour les organisations, qui doivent faire face à ces différences, tout en les utilisant au mieux. 

Nés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de croissance et de plein-emploi, les baby-boomers ont développé une loyauté à l’égard de l’entreprise. Ce sont de durs travailleurs qui attendent un salaire proportionnel à leurs efforts.

Les membres de la génération X ont eu des difficultés à trouver des emplois stables et bien rémunérés. Ils ont connu les chocs pétroliers et les premières crises de l’emploi, ils sont donc plus méfiants que la génération précédente à l’égard de l’autorité. Ils accordent une plus grande importance à l’équilibre entre vie professionnelle et privée.

Génération hyper-connectée, les Y, surnommés aussi « millenials » ou « digital natives », ont vécu l’hyperconsommation et la mondialisation. Ces changements les ont rendus très mobiles, flexibles et autonomes. « C’est une génération débrouillarde, qui a parfois des difficultés avec l’autorité et qui recherche un manager coach et modèle. Les millenials ont été confrontés de plein fouet aux difficultés économiques, à l’avenir complètement incertain... », note Marie-Eve Delecluse, co-fondatrice de Make me RH. « Face à cette entreprise qui ne lui offre plus ce qu'elle garantissait avant -  salaire digne, logement, pouvoir d’achat, évolution de carrière-, elle s’est construite sur une fidélité très moyenne. »

La dernière génération, les Z, a grandi avec les crises financières et la révolution numérique. Leurs traits caractéristiques sont l’esprit entrepreneurial, la recherche de relations humaines, de la flexibilité et la valorisation des signes de reconnaissance.

En janvier 2018, le groupe Hays a réalisé une enquête sur la cohabitation des générations au travail. Un questionnaire a été envoyé à un panel de 1000 professionnels de toutes générations confondues. Voici quelques chiffres clés de cette étude :

- 39% des interrogés de la génération Y et Z affirment que les différentes méthodes de travail représentent une source importante de conflit intergénérationnel.

- 23% des interrogés des jeunes générations (Y et Z) affirment que l’usage des technologies est une source de conflits avec les anciennes générations (Baby-boomers et X).

- 46% des interrogés, toutes générations confondues, estiment que le meilleur moyen de favoriser la mixité générationnelle est de créer des binômes intergénérationnels.

Si la question du mix générationnel a toujours existé, le sujet central c’est l’impact des nouvelles technologies sur les comportements des uns et des autres. En fait, si, à chaque génération, le rapport au travail diffère, les aspirations (transparence, communication, humain, manager bienveillant) restent plus au moins les mêmes au fil des décennies. Pour Marie-Eve Delecluse, si le terme de conflit intergénérationnel est souvent avancé, cela ne correspond en réalité pas vraiment à ce qu'elle observe sur le terrain. « Quand il y a conflit, ce sont plus souvent des conflits de personnalités, entre personnes, mais pas entre générations. » 

En prenant du recul sur ces problèmes intergénérationnels, on peut s’apercevoir que les jeunes générations et les anciennes se complètent, elles ne s’affrontent pas. Les unes peuvent apprendre d’une autre et vice-versa, chaque génération a son potentiel, ses atouts et apporte des changements. La meilleure manière de gérer ces changements est d’être à l’écoute de tous, et de s’adapter aux situations nouvelles.

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