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Jérôme BENBIHI

Adenis a 20 ans !

 

20 ANS 2

L’interview de…

Jérôme Benbihi, Président et co-fondateur d’Adenis

Né en 1999 de la volonté et de l’audace de deux amis, dans une chambre de bonne de 8m² sous les combles d’un immeuble parisien, Adenis c’est aujourd’hui 18 millions d’euros de chiffre d’affaire et 60 collaborateurs qui, depuis peu, ont accès au capital de l’entreprise. 

Comment expliquer une telle réussite ?

Quels sont les secrets, s’il y en a, de cette « success story » à la française ?

C’est précisément ce que nous avons voulu demander à Jérôme Benbihi, Président et co-fondateur d’Adenis.

Il nous a reçu chez lui, en toute simplicité, autour d’un café, et c​’est gentiment prêté au jeu de l’interview, se laissant même aller à quelques confidences. Avec la même passion qui l’animait au premier jour, il nous livre ses impressions sur ces 20 dernières années…

 

Comment est né Adenis ?

Je n’ai jamais été salarié de ma vie. Dès la fin de mes études, j’ai créé Adenis. Je ne supportais pas l’autorité. La seule façon pour moi d’y échapper était de créer ma propre entreprise. Je ne savais pas quoi faire. Je n’avais pas d’argent. Ma seule ambition était d’être chef d’entreprise pour être libre.

Avec David Marciano, mon associé, nous avons analysé les secteurs d’activités porteurs à ce moment-là et naturellement nous nous sommes dirigés vers le monde de l’IT.

Nous avons installé notre premier bureau à Paris dans une chambre de bonne de 8m², sous les combles. Mon bureau, c’était une table de camping. Il faisait -10° l’hiver et 40 ° l’été, c’était l’enfer… mais c’était la seule solution pour s’installer. On a donc commencé comme ça.

Les deux premières années ont été difficiles. Lorsque nous avons démarré, nous proposions essentiellement de la vente d'équipements informatiques, sans aucun service accompagnant. Notre seul objectif était de créer un maximum de trésorerie pour pouvoir engager notre premier ingénieur afin de commencer à proposer du service aux entreprises.

Dès lors, on a pu vendre du service et développer l’entreprise. Par la suite, nous avons embauché un deuxième ingénieur, puis un troisième, un quatrième, un cinquième... Et depuis 20 ans nous ne cessons de nous développer et d’élargir l’éventail de nos prestations. Le chiffre d’affaire augmente depuis 20 ans, le nombre de salariés augmentent depuis 20 ans. Tout augmente selon une méthode qui reste inchangée depuis la création de l’entreprise : se poser et réfléchir. On fait de la veille technologique puis on investit sur les nouvelles technologies et on investit sur les gens car on croit en eux. Et notre business se développe !

Quelles sont les étapes marquantes du développement d’Adenis ?

Je dirais 2001 lorsqu’on a embauché notre premier collaborateur. 2007 lorsque nous sommes devenus opérateur télécom. Et 2010 quand nous nous sommes lancés dans le cloud.

Grâce à notre méthode de veille, nous cernions les secteurs d'activité prometteurs dans lesquels nous allions investir et anticipions les actions à mener sur trois ans.

David et vous, vous vous êtes rencontrés sur les bancs de l’école d’expert-comptable après le BAC. Rien à voir avec l’informatique… ?

Tout est une question de passion ! Quand on est passionné par ce qu’on fait, qu’importe finalement d’être diplômé dans tel ou tel secteur.  C’est effectivement très important d’avoir un diplôme mais on peut très bien s’auto-former. Et puis surtout, nous nous appuyons sur des collaborateurs certifiés et expérimentés. Quand on a la volonté de réussir, on trouve les solutions pour y parvenir !

Quel est le secret de la réussite de votre binôme avec David ?

La complémentarité ! Chacun a son rôle. Chacun sait ce qu’il a à faire. Mais nous n'avions rien décrété, tout s'est fait naturellement, ce n’est pas réfléchi. L’alchimie entre David et moi est parfaite. Notre amitié et notre association repose sur un équilibre parfait. On est totalement différents à bien des niveaux et certains diront même que notre association est improbable ; pourtant c’est une réussite totale.

Quelle est votre plus grande fierté ?

Ma première fierté : mon association avec David Marciano.

Ensuite, c’est d’avoir une entreprise qui nous ressemble, basé sur la fidélité. Notre plus vieux client a 20 ans. Et notre plus ancien collaborateur a également 20 ans. Notre entreprise est familiale, que ce soit avec nos collaborateurs ou avec nos clients. 

Nous sommes fiers que nos collaborateurs soient contents de travailler chez Adenis. Aujourd’hui nous avons une cinquantaine de salariés qui œuvrent au sein d’une entreprise humaine avec de vraies valeurs. Des valeurs qui sont les nôtres telles que la bienveillance ou la satisfaction au travail.  C'est un travail d'équipe et ce sont les belles rencontres qui ont rendu cela possible. Nous n’aurions jamais réussi sans nos collaborateurs à nos côtés pour nous accompagner ces 20 dernières années. 

Est-ce que le chemin parcouru durant ces 20 ans était prévisible ?

A la virgule près ! Malgré les erreurs, quelques manques d’anticipation et les trahisons imprévisibles je voyais ces 20 ans tels qu’ils se sont déroulés à la virgule près ! Je savais dès le début où je voulais être dans 20 ans et j’y suis. 

Et je sais aussi où je serai dans 20 ans…

Nous avons récemment ouvert le capital à nos salariés afin de remercier nos plus fidèles collaborateurs pour leur investissement. Je veux créer une entreprise nouvelle avec de nouveaux associés qui récoltent directement le fruit de leur travail en touchant des dividendes et en devenant actionnaires. Je ne sais pas quelles seront les nouvelles technologies dans lesquelles je vais investir ces 20 prochaines années mais je sais que je veux investir dans le capital humain de mon entreprise. 

Quels sont les « + » de votre métier ?

Les rencontres humaines. La curiosité d’aller chercher de nouvelles technologies. Le gout du service client.

Je m’enrichis de chaque rencontre, client ou collaborateurs, et je me suis efforcé de créer une entreprise où chacun se sente bien. C’est peut-être un détail pour certains mais chez Adenis, sur les 4 postes de direction, deux sont occupés par des femmes et cela est très important pour moi. Par ailleurs, nous embauchons beaucoup de jeunes, y compris des non diplômés à qui nous donnons leur chance.  Dans notre métier, comme dans notre entreprise, l’important c’est l’effort et le travail.

Quelles ont été vos plus grandes difficultés ?

Quand on a démarré, nous avons été victimes de notre manque d’expérience et de notre manque de maturité. Et puis évidemment de notre manque d’argent. Sans compter qu’en France, les démarches administratives sont très difficiles. Tout est très compliqué pour les entrepreneurs dans notre pays. Le système n’est pas souple. Les lois changent. Les process s’alourdissent. Mais notre motivation et notre joie d’être entrepreneurs sont toujours restées intactes. Finalement, j’ai l’impression, malgré les difficultés que nous n’avons jamais galéré. En tout cas, je n’ai jamais eu le sentiment de galérer.

Quel est votre bilan de ces 20 ans ?

Je me souviens de chaque minute… de chaque dossier…de chaque personne… comme si c’était hier. Mais pour moi, chaque jour est le premier. J’ai encore énormément à construire. Ma motivation est intacte. Mon envie de créer est la même qu’au premier jour. C’est ce qui m’anime. Bien évidemment, j’ai fait des erreurs, j’ai parfois fait confiance aux mauvaises personnes. Mais chacune de ces mauvaises expériences m’a enrichi et rendu plus fort. Du négatif, il ne ressort que du positif.

Quelles sont les qualités à avoir pour durer ?

Il faut être passionné, travailleur, imaginatif, audacieux, courageux et chanceux ! 

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