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Jérôme BENBIHI

La productivité en entreprise remise en question

 

 La productivité en entreprise remise en question

 

La productivité, moteur de la réussite économique, est un objectif primordial pour les entreprises, à tous les niveaux.
Pourtant, elle est de plus en plus questionnée du fait des open spaces, de la multiplicité des réunions, ou du mauvais usage des applications de communication (email, vidéoconférence, messageries instantanées, médias sociaux etc.).
L’étude « The Workforce View in Europe in 2018 » conduite par ADP, identifie 10 grands obstacles à la productivité tels qu’ils sont ressentis par les cadres et les employés.

1. Systèmes et processus inefficaces : 17 %
2. Trop de réunions : 15 %
3. Mauvais management : 14 %
4. Manque de personnel en support : 13 %
5. Technologies lentes et inadaptées : 13 %
6. Trop de mails internes : 12 %
7. Distractions des collègues : 11 %
8. Trop d’appels téléphoniques professionnels : 10 %
9. Trop de stress : 9 %
10. Manque de flexibilité dans les lieux/heures de travail : 8 %

Selon l’enquête, pour 23 % des salariés l’environnement de travail leur permet d'être le plus productif possible « tout le temps », et selon moins de la moitié (46 %) « la plupart du temps ». Plus d’une personne sur cinq (22 %) se dit capable d'être au maximum de sa productivité « de temps en temps », tandis qu'une personne sur dix (10 %) « rarement » ou « jamais ».
Entre la multiplication des sollicitations via des outils de communication mal utilisés, la mauvaise gestion du bruit et les interruptions des collègues, l’architecture ouverte devient contre-productive. L’open space ne favorise d’ailleurs pas plus l’interaction face à face. L’étude démontre qu’après la refonte de leurs bureaux, les participants à cette étude, ont envoyé 56% de courriers électroniques supplémentaires ; leur utilisation des messages instantanés a, elle, augmenté de 67%.On rencontre les plus gros problèmes de productivité au Royaume-Uni, où 13 % des salariés déclarent être « rarement » ou « jamais » capables d'atteindre une productivité maximale, contre 11 % en Allemagne et 6 % seulement en Pologne. 

Au niveau sectoriel, le problème est le plus courant dans le domaine des ventes, de la communication et du marketing, où plus d'un tiers (36 %) des salariés affirment ne pas être en mesure de maximiser leur productivité.

L’enquête nous apprend aussi que les entreprises françaises perdent en moyenne 9 000 € par salarié chaque année, du fait d’une collaboration et d’une communication inefficaces (pratiquement 14 % du temps de travail étant gaspillé). Les plateformes et applications disparates rendent effectivement complexes l’utilisation de la messagerie instantanée. Les réunions (face à face) se révèlent être dans le même temps considérées comme le moyen le moins efficace de collaborer avec un temps perdu estimé de l’ordre de 26%.

Les résultats de l’enquête montrent que près d'un salarié européen sur cinq (18 %) souffre quotidiennement du stress. Trois salariés européens sur dix (30 %) se sentent tellement stressés qu'ils envisagent de changer d’emploi, un chiffre qui atteint les 37 % chez les moins de 35 ans.
14 % des personnes interrogées estimant que leur entreprise ne s’intéresse pas du tout à leur bien-être mental, et un peu plus d’un tiers (34 %) qu'elle s’y intéresse peu (entre un et quatre sur une échelle de dix points.) Près de la moitié (46 %) pensent que leur employeur s'y intéresse (un score entre six et dix), alors que 6 % seulement affirment que leur employeur est «très intéressé».

Il est plus important que jamais pour les entreprises de se rapprocher de leurs collaborateurs car performance et plaisir au travail ne sont pas opposés mais, au contraire, intimement liés. Plus de transparence, de confiance et de flexibilité, tenir compte des attentes des employés, leurs préoccupations et leurs besoins : tout cela fait partie de la quête du bonheur au travail.

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