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Jérôme BENBIHI

Management : faut-il vraiment supprimer les chefs ?

 management 580Jérôme BENBIHI CEO ADENIS

 

Tandis que de nouveaux modèles de management viennent reconsidérer le bien fondé des chefs en entreprise, certaines données prouvent au contraire qu’il faudrait les réhabiliter…

A l’heure de la transformation numérique, de l’ubérisation et de la « gig économie », entendez « économie des petits boulots », trois nouveaux modèles de management ont fait leur apparition : le management intergénérationnel, le management agile et le management collaboratif.

Le management intergénérationnel

Le management intergénérationnel va de pair avec la génération Z (nés entre 1995 et 2010) qui a dû trouver sa place face à trois générations déjà présentes sur le marché du travail : les baby-boomers (nés entre 1945 et le début des années 1960), la génération X (nés entre le début des années 1960 et le début des années 1980) et la génération Y (nés entre le début des années 1980 et la fin des années 1990).

La génération Z, née avec Internet, est une génération d’ultra-connectés, peu fidèles à l’entreprise. Ces nouveaux salariés recherchent avant tout le partage et le travail en équipe, mais ils veulent pouvoir travailler d’où ils veulent, quand ils veulent et comme ils veulent. C’est pourquoi, ils n’hésitent pas à enchainer plusieurs métiers année après année ou à choisir le statut d’indépendant pour 50% d’entre eux.

Le management agile

Le management agile a été instauré par les programmeurs, les gestionnaires de projet, les adeptes du management stratégique et de l’hypercompétition en l’entreprise afin de développer la capacité des salariés à saisir des opportunités de marché avec rapidité. Le concept de management agile repose sur la réactivité, la transversalité, l’interactivité et une organisation hiérarchique aplatie.

Le management collaboratif

Le management collaboratif est, pour sa part, un management avant tout organisationnel, qui pousse les salariés à lever le nez de leur poste de travail pour aller à la rencontre de leurs collaborateurs. Bien évidemment, quel que soit le type de management, la finalité recherchée est toujours la collaboration. Cependant, dans le cas du management collaboratif, l’accent est mis sur les attitudes participatives et la volonté de partage de chacun.

Finis les chefs, bienvenus aux coachs !

Ces trois nouveaux modèles de management, bien que différents, ont pourtant un point commun : la remise en cause de la figure du chef et le rejet des modèles de management traditionnels fondés sur la hiérarchie. Ces trois nouveaux types de management se ressemblent également sur le fait qu’ils privilégient tous les trois l’autonomie et le travail en équipe. Le chef doit alors accepter de disparaître pour devenir un véritable coach au service de son équipe.

On le voit à travers ces trois nouvelles formes de management, il semble que la version traditionnelle du chef soit démodée et que les différents étages de la hiérarchie classique soient à supprimer. Il semblerait même que la notion de manager soit aujourd’hui devenue obsolète.

Pourtant, la complexité de notre époque et son ambiguïté, nous donne à penser tout le contraire !

D’un point de vue anthropologique et psychanalytique, la figure du chef est essentielle au développement de l’individu et de la société. Et ce pour plusieurs raisons :

 - Parce que le chef joue un rôle de miroir,
 - Parce que la chef permet de gérer les conflits, de trancher et ainsi éviter des crises internes interminables nuisibles à l’entreprise,
 - Parce que le chef, en tant que manager, est garant de la continuité de service et de la cohésion d’équipe.

Remettre en cause le rôle d’encadrant du chef, l’amoindrir ou le supprimer, c’est bloquer le pouvoir en un seul et même point et bloquer de fait les forces vives de l’entreprise : point noir et risque majeur de ces nouveaux modèles de management.

Une fois ce risque bien en tête, on peut tout de même retenir trois leçons de ces nouveaux modèles de management :

 - Premièrement : il faut redonner du sens au travail. En effet, selon une récente enquête menée dans 142 pays, 87 % des employés se sentent désengagés vis-à-vis de leur travail.
 - Deuxièmement : il faut donner plus d’autonomie aux collaborateurs. Selon plusieurs études du ministère du Travail, le niveau d’autonomie des salariés ne cesse de reculer depuis plus de trente ans. Or, il faut au contraire que ce chiffre augmente si l’on veut remobiliser les salariés en entreprise afin qu’ils se sentent davantage impliqués.
 - Troisièmement : il faut constituer des équipes mixtes en compétences, en fonctions et en générations.

Ces trois impératifs doivent servir de base aux stratégies de management du XXIe siècle. Ils ne doivent en aucun cas être négligés surtout si l’on a conscience que l’intelligence artificielle, et plus encore, la technologie blockchain, constituent une véritable révolution à venir qu’il va falloir gérer au mieux.

 

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