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Jérôme BENBIHI

Intelligence artificielle : pour ou contre ?

Filtre anti-spam à l’efficacité remarquable, reconnaissance d’images, conseil avisé, maintenance prédictive pour assurer le fonctionnement sans interruption de machines vitales, traduction automatique, véhicules autonomes capables d’éviter les accidents, agent conversationnel sur Internet ou à domicile… voici quelques réalisations permises par le progrès de l’intelligence artificielle (IA), notamment les dispositifs d’apprentissage machine ou d’apprentissage statistique.

 IA

Depuis quelques années l’évolution spectaculaire de l’intelligence artificielle attire l’attention et on pressent déjà l’ampleur de ses conséquences économiques et sociétales.

Cette technologie de laboratoire évolue sans cesse et ses innovations nourrissent les fantasmes, suscitent des interrogations et des réactions parfois contradictoires. Les transformations à venir sont en effet profondes, et les incertitudes le sont aussi.

Pourquoi l’IA suscite-t-elle autant d’attention auprès du grand public et des médias ? Quels sont les avantages des technologies d’intelligence artificielle, et quels seraient leurs désavantages ? Les machines vont-elles finir par remplacer l’homme? L’IA est-t-elle le meilleur moyen de lutter contre le risque croissant de menaces internes et externes ?

Dans le domaine de la cyber sécurité notamment, l’IA est en train de devenir indispensable. Les entreprises et les éditeurs de solutions de sécurité s’en rendent compte de la difficulté de faire face aux attaques des cybercriminels qui inventent chaque jour des programmes toujours plus sophistiqués et furtifs, ainsi que d’autres outils de piratage leur permettant d’infiltrer les réseaux en échappant à toute détection.

En fait, ce n’est pas un secret que les méthodes de détection traditionnelles (les systèmes basés sur les signatures) ne sont plus vraiment proactives.

L’intelligence artificielle est donc l’arme exceptionnelle qui permet de faire face à des menaces de plus en plus sophistiquées. Rappelons que la plupart des solutions d’intelligence artificielle et de machine learning possèdent des facultés d’auto-adaptation, et exigent peu de personnalisation et de maintenance. Elles analysent la façon dont les choses se passent au sein d’un environnement donné et s’adaptent à la situation. Elles détectent des menaces "inconnues", des attaques qu’elles n’ont pas été explicitement programmées pour identifier. De plus, les coûts de maintenance sont beaucoup moins élevés que les coûts humains à 1,78 million de dollars par an pour les entreprises.

De plus, grâce à l’analyse comportementale il est désormais possible de détecter des changements dans les habitudes de travail chez les employés. Les équipes de sécurité sont informé en temps réel et peuvent stopper la menace interne.

Une véritable cyber-arme puissante, l'intelligence artificielle brouille les frontières entre l'homme et la machine. Cependant, elle ne pourra pas prendre en charge toute la lutte contre les cyber-menaces. Sans conscience ni éthique, l’IA risque la prise de décisions qu’un être humain jugerait inacceptables.

Nous ne pouvons pas non plus négliger le fait que les systèmes d'apprentissage automatique peuvent obtenir de faux positifs, la décision d'un être humain sera donc toujours nécessaire pour trier ces algorithmes avec des données adéquates.

A propos, il existe très souvent un décalage entre le mode de fonctionnement d’un algorithme et notre capacité à comprendre comment il a pu arriver à telle ou telle conclusion. L’algorithme suit un processus que nous ne pouvons pas toujours expliquer. Le problème est que si cette décision provoque des conséquences importantes, comme un accident de voiture, l’annulation d’une transaction, la suspension d’un compte ou le lancement d’une procédure d’investigation coûteuse… il nous est impossible de demander une explication sur la manière dont ont été prises les décisions.

Rassurez-vous, l’être humain est irremplaçable, et les meilleurs outils d’intelligence artificielle sont là pour le décharger des tâches subalternes fastidieuses afin de l’aider à résoudre des problèmes plus importants.

Et pour éviter l’aliénation et la prolétarisation, il ne faut pas mettre en place des dispositifs automatiques qui transforment le travailleur en un simple exécutant déqualifié, l’humain doit garder la capacité de reprendre la main.

C’est pourquoi une bonne intégration de l’IA est absolument indispensable pour améliorer une organisation de travail, offrir de nouveaux services ou créer de nouveaux emplois, tout en assurant la mise en place d’une complémentarité entre l’homme et la machine.

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